Week-end pour la nature

Neufchâteau









   

Afin d’encourager le public à poser des actes concrets en faveur de la biodiversité, le Service Public Fédéral de l’Environnement a mis en place une campagne nommée Bombylius (www.bombylius.be). Dans ce cadre, l’asbl Natagora (association pour la protection de l’environnement active en Wallonie et à Bruxelles) organisait un week-end de sensibilisation du grand public à la conservation et à la gestion des milieux naturels. Comment ? En nous donnant l’occasion de retrousser nos manches dans des travaux de restauration ou d’entretien de la biodiversité d’une réserve naturelle. Quand ? Les samedi 18 et dimanche 19 novembre 2006. Nous nous sommes rendus à l’une de ces 16 activités, dans la réserve naturelle de Béraumont à Neufchâteau…

Thierry Gridlet a entamé la journée avec une visite de la réserve. Public présent : les enfants scouts de Neufchâteau. Puis, les enfants et quelques adultes ont commencé à couper arbres et arbustes. Pourquoi ? Pour maintenir cette zone bien humide. A la base, ce lieu est marécageux, ce qui entraîne une grande diversité d’espèces. Notamment des espèces animales ou végétales qui ne peuvent survivre que dans ce type de milieu … Or, si l’on n’agit pas, ce site va se boiser progressivement, ce qui assécherait le milieu et ferait disparaître cette richesse.

Thierry Gridlet, responsable de la régionale Famenne Ardenne a répondu à quelques questions…
Pensez-vous que ces journées ont touché suffisamment de (nouvelles) personnes?
« Je ne sais pas très bien. C’est la première fois que le gouvernement fédéral nous sollicite pour une manifestation comme celle-ci. Les organisateurs espéraient une vingtaine de personnes par site c’est-à-dire un total de 350 personnes sur les 16-17 sites participants. Nous étions 25 à Neufchâteau. Donc, si tous les autres lieux prévus ont reçus autant de visiteurs, on pourra dire que ce n’est pas trop mal. Et en tous les cas, c’est toujours un public intéressant à toucher parce que pas mal de participants ne sont pas nécessairement sensibilisés. L’idée est de recommencer cette édition régulièrement afin d’en faire un événement..

Comment vous y prenez-vous pour la visite de la réserve ?
Ca dépend un peu du type de public auquel j’ai affaire. Par exemple, ici, avec les enfants, je vise une approche très ludique. Par exemple, les laisser courir à certains endroits… Tout le contraire d’une visite guidée traditionnelle ! L’important : essayer de leur montrer qu’une réserve naturelle n’est pas un zoo. C’est qu’ils s’attendent souvent à voire des animaux en cage ! Il faut différencier parc naturel et réserve naturelle. Il y a des amalgames : par exemple, à Han-sur-Lesse, on parle d’une réserve d’animaux sauvages. Or, c’est un zoo !
Ce qui me frappe toujours dans la réaction des enfants c’est leur sentiment de déception (« Ah, c’est ça ! ») quand ils observent la réserve de loin. Oui finalement cela représente 5 hectares de bosquets. Puis, une fois à l’intérieur, ils commencent à se rendre compte de l’étendue réelle, de la présence d’eau, … Ils commencent à voire des grenouilles. Dès qu’ils commencent à se prendre au jeu, ils oublient carrément leur première idée négative.
Il faut vraiment rentrer dans la réserve pour être sensibilisé.
Je leur ai aussi montré l’autre réserve à Molinfaing. Sa particularité consiste en la présence d’un grand nombre de grosses touffes dures poussant sur un m de haut. Ces plantes se nomment laîches paniculées. C’est une des plus grosses concentrations (1500 « tourradons ») des Ardennes. Les enfants y jouent à cache-cache, y font du saute-mouton…Je veux montrer que la nature est quelque chose de gai. Non d’office, une visite désignant chaque plante ou animal. Il faut que ça reste une découverte !
Avec les adultes, j’essaie aussi de jouer le jeu un peu quand même, de ne pas faire une visite guidée traditionnelle.

En réalité, cela fait une dizaine d’années que Thierry Gridlet et son équipe organisent des travaux de gestion dans les deux réserves de Neufchâteau.
Trouvez-vous que ces gestions fonctionnent bien ? Faut-il changer la formule ?
Non, non, mais je ne sais pas s’il faut changer. Le problème c’est que les gens ont du mal à sortir de chez eux pour la nature. Ca fait des années qu’on insiste. On a souvent 20-30 personnes dans nos chantiers.
Je pense qu’il y a une raison importante à ça. On vit dans une région, une province où tout est vert. Donc, les gens on l’impression d’être au milieu de la nature, où tout ne va finalement pas trop mal. Par conséquent, je pense qu’il n’y a pas encore une sensibilisation assez importante pour qu’ils se disent « si, il y a des choses à faire ! » Les gens ont deux arbres dans leur pelouse et trouvent que c’est ça la nature. Or, elle ne se limite pas à ça !
Quand on regarde un peu autour de soi, elle est en train de se faire grignoter partout ! Là est toute la difficulté d’essayer de trouver un juste milieu entre la protection de l’environnement et puis le fait que l’homme a sa place aussi ! Moi je trouve que pour l’instant, l’homme prend beaucoup de place ! Les villages sont en train de devenir de véritables toiles d’araignées qu’on remblaie. Plus de la moitié des zones humides ont disparu et ça continue…
Néanmoins, je pense qu’il y a une prise de conscience à certains niveaux. Du style, tout le monde est bien d’accord sur le réchauffement climatique. D’ailleurs, il commence à y avoir des efforts dans ce domaine. Mais, en ce qui concerne les espaces naturels, ça, ça passe au-dessus de beaucoup de gens !
On crée des lois pour vite conserver ce qui peut encore l’être ! Malheureusement, pas mal de zones riches ont déjà disparu ou sont ignorées par ces législations !

Coxinet


 

scout, nature

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Photos & reportage: Coxinet: 18-19 novembre 2006
Webmaster : Jean-Marie Lesage
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