" NOSSE WALON "
Préambule : Pour bien aimer quelqu'un où quelque chose il faut le connaître le mieux possible. C'est pourquoi, nous commencerons par apprendre les origines de notre Wallon.

ORIGINE Indo-européenne.

- Les Indo-européens sont des peuples qui se sont formés entre ma Mer Noire , l'Iran et l'Asie centrale, puis ont émigré par vagues successives vers l'Europe occidentale.
Ainsi, l'Europe a été peuplée par ces immigrants venus de l'est à partir du 3°millénaire av. J-C.
Les slaves se sont installés en Russie, les Hèllènes en Grèce, les Italiots en Italie, Les Germains
au Danemark, les Ibères en Espagne et les celtes en Gaule.
Ces immigrants possédaient la civilisation des métaux ; Ils firent pression sur les peuplades locales, toujours restées au stade néolithique.
- Il y a donc 3000 ans, les peuples de langue indo-européennes ont conquis le monde . Leur origine est attestée par une apparenté linguistique et une ressemblance de culture populaires et paysannes.
Leur langue a donné naissance à ce qui est aujourd'hui : L'allemand, le portugais, l'arménien, le russe, le persan, l'anglais, le danois, l'italien, l'espagnol, le français ,…………le Wallon.
- La civilisation indo-européenne a produit des langues de fond commun. Chaque tribu émigrée a gardé sa langue et s'est assimilé la civilisation locale. Ce phénomène d'assimilation réciproque
S'est répété à chaque éclatement : slave, germain, latin. De là provient le caractère de souplesse et d'individualisme des langues indo-européennes, surtout pour les deux groupes germanique et roman. A remarquer la chance unique du groupe de langues romanes qui ont un ancêtre commun : le latin.
- Au début du 1° millénaire avant J-C. , la Wallonie était habitée par des descendants néolithiques
implantés là vers -1600, -1200. Elle furent envahie par une peuplade indo-européenne : les Celtes

ORIGINE Celtique

- Les Celtes sont originaires de l'Europe centrale. Ils se sont répandus dans l'Europe entière jusque' en Grande-Bretagne et en Irlande actuelles dès le 2° millénaire avant J-C. Ils englobent des populations d'origines diverses comme : les Galates, les Gallois, les Gaulois.
- Vers -800, l'invasion d'agriculteurs venus d'Europe centrale : Celtes. Ils sont de bons guerriers
(ils sot déjà délogé les Ligures installés en Gaule). Ils connaissent l'agriculture et deviennent sédentaires en s installant dans l'Europe de l'ouest. Ils possèdent un bon outillage, ont le sens de la solidarité et de liberté.
- Vers -650, d'autres Celtes, venus du nord-est de la France, envahissent le Namurois, le Brabant et le Hainaut .
Vers -500, -450, ils auraient investi tout le territoire wallon
- La culture des Celtes est essentiellement orale, transmise par les druides, détenteurs unique du patrimoine culturel, du savoir, de la religion et de la littérature.
- La langue celtique, mal connue, aura disparu complètement au 6° siècle de notre ère. Elle a laissé des traces évidentes : ainsi, tous les mots antérieurs au latin retrouvé dans le langue wallonne ne sont jamais du germain mais du celtique .

ORIGINE Gauloise de la langue

- Les Gaulois sont les derniers envahisseurs celtique de la zone occupée aujourd'hui par la France.
- Vers -475 , ils s'installent dans la région de la Marne et se répandent dans la gaule entière.
Vers -300, Les dernieres tributs celtes à franchir le Rhin sont les Belges
Vers -150, -125, des peuples issus de la région du Rhin ou de l'Eifel viennent s'établir entre la Marne et L'Escaut .
Un peu après, invasion des Tungri.
Vers -110, invasion des Aduatiques qui s'établissent à Namur.
- Tous ces peuples migrent volontiers et s'entremêlent de sorte qu'il est malaisé de reconstituer leur origine, leur époque et leur établissement.
- Ils se liguent devant la menace de Rome en une " ligue des Belges "
( D'où la citation attribuée à César ; De tout les peuples de la Gaule les Belges sont les plus braves)
Ils formaient à ce moment une soixantaine de communautés réparties sur les territoire gaulois.
- A la veille de la conquête romaine ' il existe seule langue gauloise dans tout le nord de la Gaule : Une langue orale, éloquente, poétique. Cette langue présente une certaine uniformité et les variantes dialectales ne sont pas importantes.
Le vocabulaire gaulois est constitué. Il en reste quelques traces dans la langue française et dans la langue wallonne. On en dénombre quelque 180 mots en langue française .Quand au wallon, qu'on
pense à " broûlî - brôlî…..bourbier - boue " , " biloke ….espèce de prune ronde " , " rôya - roye .….raie - ligne - sillon qui marque la limite d'un champ". etc………

ORIGINE Romaine

- La rapide expansion romaine conquiert la Gaule en deux temps : en -125 d'abord , conquête de la Gaule du sud ( Provincia Romana ), de -58 à -52 ensuite, Jules César conquiert le nord de la Gaule du Nord ( Gallia Comata ). Voici donc les quelque 60 communautés gauloises soumises à la civilisation romaine. La romanisation va durer 500 ans .
- Pour des raisons pratiques, économiques, vitales, les Gaulois vont bientôt adopter la langue du conquérant : le latin. L'apprentissage du latin obéit à deux raisons : raison pratique (commerciale) aison du plus fort (militaire, culturelle)
- Le Latium avait sa langue ; Rome avait son langage : les Praticiens parlaient le latin classique ; le latin " vulgaire " était différent. Le latin importé était le latin vulgaire, populaire. Il était facile expressif et apte à tous , bien plus que le latin classique, châtié.
Ce latin a été parfaitement assimilé et s'est bien acclimaté au territoire gaulois ; Déjà déformé à l'origine, ce latin était diversement parlé par les diverses catégories de colonisateurs ( soldats, marchants, artisans). Cette diversité de latins fut diversement captée par les oreilles peu accoutumées à ce nouveau langage. Tant bien que mal, les Gaulois tâchèrent de reproduire ce latin qu'ils prononce très mal et auquel ils mêlent volontiers leur jargon ; C'est ce qui explique en partie la latinisation de certains mots gaulois
- Le latin importé en Gaule a entraîné l'éviction du gaulois. Peu à peu les gaulois en vinrent à parler des latins ; Ces latins s'écartent progressivement de la langue importée au point de devenir des idiomes différents et nouveaux. Le latin vulgaire s'est fragment en dialectes gallo-romains, devenus différents les uns des autres. Ainsi s'explique au lendemain de la romanisation, la grande variété et la multitude des patois gallo-romains . On en aurait dénombré quelque 200
- Cependant, pour des besoins administratifs, on utilisait le latin savant, pareil à celui de Rome mais incompris par les populations. Ce latin cessera d'ailleurs vers l'an 700. Il y aura un bilinguisme latin-gaulois jusqu'au 4° ou 5° siècle en Gaule.
- Toute cette lente évolution permet de dire qu'a la fin de la période romaine (476), la Gaule n'est plus gauloise mais totalement romanisée
Mais …….sous l'habit latin…………..est resté l'esprit gaulois.

ORIGINE Germanique

La richesse et le confort romain attirèrent les peuples voisins . La pénétration des peuples germaniques dans l'empire romain fut préparée dès le 1° siècle par l'embauche dans l'armée romaine, entamée au 3° siècle grâce à l'infiltration de mercenaires, accélérée en 406 par les invasions massives de peuplades.
En 257, invasion des Alamans et des premiers francs.
En 275, seconde invasion générale et désastre.
Aux 4° et 5° siècle, invasions sous la poussée des Huns.
Suite à ces invasions répétées, morcellement administratif et linguistique.
Les Germains sont des guerriers ayant leur culture propre, bien différente de celle des gallo-romains . Ils ont fusionné avec les populations autochtones en s'assimilant à leur culture gallo-romaine qu'ils ont légèrement germinisée.
La langue germanique, le tudesque, est venu modifier les idiomes locaux et s'y est assimilé. La langue germanique elle-même est cependant restée la langue de l'élite militaire jusqu'au 10° siècle.
Les premiers emprunts germanique ont été faits par le latin qui avait déjà établi le contact. Ainsi le tudesque " blund " est devenu " blundus " en latin et a donné " blond " en français.
De la langue germanique, nous est resté un grand nombre de termes militaires ; il suffit de penser à " heppa " hache et " sporo " éperon.

ORIGINE Franque.

Les francs sont un peuple germanique qui conquit la Gaule. Ilssont déjà entrés dans l'empire romain au 3° siècle (275) et s'étaient installés au pays de Liège où le langage gallo-romain se francisa d'ailleurs très tôt et plus profondément qu'autre part.
Deux groupes de Francs sont à distinguer : Ripulaire et Saliens. Les Saliens ont progressé vers la sud par petites migrations successives et se sont implantés dans le centre de la Gaulevers 450.
Les Ripulaires, restés au-delà du Rhin, se sont installés entre le Meuse et la Moselle auc ous de la seconde moitié du 5° siècle.
En 481 Clovis établit son royaume franc; Il conquiert la Gaule.
La frontière linguistique belge date de cette époque franque : on endéduit qu'elle indique la limite de la romanisation .
Les Francs avaient leur civilisation particulière. Ce sont des gens de la forêt, travailleurs et un epu sauvages. De leur langage, le Francique, il nous reste un grand nombre de mots wallons, notamment en wallon liègeois. Qu'on pense par exemple à " bouwer " lessiver ," crohî " briser,
" frèh " humide, " hatrê " cou, " hati " roussir ou brûler à la surface, " riwèri " guérir, " wêtî " guetter, pour s'en convaincre.
Le français, quand a lui, n'a gardé que quelque 200 mots d'origine francique ; le plus del ewemple étant " want " qui a donné " gant "

ORIGINE Romane.

La transformation du latin des Gaules en une nouvelle langue, ancêtre des différents dialectes français, débuta dès le 3 siècle. Les idiomes parlés sur le territoire de la Gaule au seuil du 6° s.
sont appelés " langues romanes "
Sous les mérovingiens (445 - 751), il y eut morcellement territorial et, en conséquence, formation de dialectes.
Sous les carolingiens (751 - 843), le latin classique s'opposa au roman, bien différent du latin et du germanique est attestée dès le 8 siècle. Chacune des langues romanes est née d'un brassage d'éléments multiples où l'on retrouve du gaulois (substrat), du latin (fondement) et du germanique (superstrat). Chaque région de la Gaule parlera " son " dialecte roman, issu de la même souche latine.

Deux régions linguistiques partage la Gaule : le domaine d' Oïl au nord, le domaine d' Oc au sud.
En pays d'Oïl, il y a échanges entre les peuples car le relief est plat. En pays d' Oc, les peuples seront plus isolés à cause des montagnes. On distinguera au nord de la Gaule , les langues d' oïl rassemblant : wallon, picard, normand, champenois, lorrain, angevin, tourangeau, bourguignon, morvandeau, poitevin, berrichon, bourbonnais, francien.
On distinguera au sud de la Gaule, les langues d'oc, se ressemblant ; limousin, auvergnat, gascon, languedocien, provençal, langues aux-quelles on apparente le groupe franco-provençal qui rassemble : franc-comtois, romand , lyonnais, savoyard.

A l'intérieur de ces divers dialectes, on peut encore supposer l'existence de patois locaux . Ainsi, la wallon se divise en est-wallon, centre-wallon et ouest-wallon.
L'usage de ces langues romanes s'impose bientôt au point que, en 813, le concile de Tours demande aux prêtres de la Gaule de prêcher en roman alors que la seule langue latine est en usage dans l'Eglise au lendemain de l'évangélisation de la Gaule. ( 6°, 7° , 8° siècles.)
Le latin était aussi la langue des relations officielles, politiques, culturelles. Autant le latin était la langue de la culture, autant les langues romanes servaient aux relations quotidiennes.
La Gaule va donc vivre et parler en roman dès le 8°siècle jusqu'au 14° siècle. Pendant cette longue période, tous les dialectes sont égaux, chacun dans sa région, jusqu'à ce que l'un d'eux prédomine.
En 987, en effet, la dynastie des Capétiens s' instaure et tend à " nationaliser " son dialecte, le francien , dialecte de l'Ile-de-France . Dès ce moment, et de façon lente et irréversible, tous les autres dialectes roman vont être relégués au rang de patois.


EVOLUTION

Du 8° au 12° siècles
Pendant le régime féodal, il y a la séparation territoriale, économie fermée, donc accentuation du dialecte puisque chaque région vit repliée sur elle-même. On assiste à l'éclosion de patois locaux.
Les rapports sont faible entre les régions : chaque région a donc son parler. Parmi toutes ces régions, en Wallonie, on parle un wallon fort conservateur. En effet, le wallon a gardé seulun certain nombre de mots latins. Ainsi le mot " melêye " pommier, " èvoye " en route (partir)
" faw " hêtre, sinmî " aiguiser. Ceci est dû à une raison géographique : position excentrique et limitrophe ; et à une raison politique : région toujours détachée de la France.
Le wallon , latin déformé comme les autres dialectes romans, serait né à la fin du 8° siècle ou début du 9° siècle. A ce moment, il est le seul moyen de communication entre les habitants de la région et essentiellement oral.
Cette langue naissante voit à ses côtés la langue latine qui sert aux usages juridiques, ecclésiastiques scientifique, ainsi que la langue française, toute récente elle aussi, et qui remplacera progressivement le latin dans les domaines politiques et juridiques .
De plus une langue littéraire commune apparaît dès le 9° siècle et se superpose aux dialectes.

En 980, Notger fonde la principauté de Liège. Ceci explique que dès le 11° siècle, Liège fait office de capitale culturelle de la Lotharingie.

En 987, fondation du royaume des Capétiens, ce qui entraîne l'extension d'aun " koînê ", le francien qui devient la base commune de la langue nationale. Ce francien, bien soutenu par lpouvoir royal et ecclésiastique, deviendra rapidement l'Ancien Français.
L'Ancien Français est très libre dans ses expressions, exemple : sei apondre, brochier vers ; il a le goût du concret, exemple : batre Seine, cuider tenir Dieu par les piez , vendre vessie pour lanterne , tempe et tard, de lonc et de lez. Cet ancien français va imposer sa norme et son usage dès la fin du 12° siècle.

Du 13° AU 16° siècles.
On passe, du 13° au 16°siècle, de l'Ancien Français au Moyen Français. Dès le début du 13°siècle, la langue française l'emporte sur le latin . Il s'agit du français de Paris et non d'un dialecte local.
Au 13° siècle, on note un net progrès du français. L'Université de Paris est créée en 1220 ; le prestige du français se répand à l'étranger : Italie, Allemagne, Hollande, Angleterre, Orient, surtout vers les années 1260 - 1290.
Le français est la langue officielle , la lanue commune, qui permet une compréhension universelle dans tout le territoire roman. Il en a été de même dans tous les pays d'Europe où il a ssupplanté le latin.
Dès 1300 ; la suprématie de la langue Française est incontestable. Il est cependant difficile de dire depuis quand le français a remplacé le latin parce que leschoses se sont passée de manière progressive. On écrit encore en latin pour les œuvres de médecine et théologique.

Au 14° siècle, on assiste à la naissance du Moyen Français qui suit son évolution progressive. Il devient une langue écrite et structurée.

Au 16° siècle, le français est la langue littéraire unique cependant que le latin reste la langue savante.En 1539, par l'ordonnance de Villers-Cotterêts, le français devient la langue exclusive du royaume de France comme langue administrative, juridique, diplomatique, et politique. Cette ordonnance vise, non pas les dialectes qui n'ont jamais été rivaux, mais le latin.
Les dialectes dont le wallon, sont pleinement individualisés dès 1200. Au 13° siècle, de leur propre volonté, sans aucune contrainte, les wallons ont adopté le français comme langue de culture.
Vers 1400, les dialectes ont été abaissés au rang de patois puisque le français devenait la langue unifiée. Le wallon a subi le même sort et est donc resté oral. Puisqu'il est oral , il est populaire par opposition au français , langue des clercs . Cependant, les clercs de ce temps-là écrivaient en français en teintant leurs écrits de bons wallonismes. C'est le cas de Jean d' Outremeuse et de Jean de Stavelot qui prétend s'exprimer en " beais franchois " ? De fait , la plus part des gens instruits s'expriment dans un français truffé se formes régionales.
Au temps de la Renaissance, la population urbaine vit un bilinguisme passif : elle parle wallon et comprend le françai. Si on apprend me français, la langue " maternelle " est incontestablement le wallon. Ceci est vrai au point que les étrangers notent l' aspect " corrompu " du français parlé en Wallonie. Ceci en porte témoignage : " Et ceux-cy parlent le vieil langue gallique que nous appelons Vualon ou Romand. Et de la dite langue vualone ou romande, nous en usons en nos-tre Gaule Belgique . cestadire en Haynau, Cambraisis, Artois, Namur, Liège, Lorraine, Ardenne et le romman Brabant. " (Jean Lemaire des Belges, 1510 - 1511 )
Au 16° siécle, si le latin reste encore langue savante, si le français s'impose comme langue littéraire, émancipée, le wallon reste la langue vernaculaire, réservée à l'expression orale, Désormais, le patois sera détenteur d'une saveur assez prononcée. L'écart entre les deux langues ne fera que croître : plus le français se polira, plus le wallon affirmera son caractère rustique. De ce fait , la littérature dialectale va naître, exploitant cette vaine.

Au 17° et au 18° siècles
Le français modrene est fixé au 17° siècle. Il devient peu à peu langue véhiculaire, parlée dans toute la partie romane de l'Europe. Les milieux cultivés, le monde des affaires , se francisent.
Mais le peuple, dont la langue maternelle est le dialecte, vient avec lenteur à la langue française et se met peu à peu à connaître " aussi " le français. En somme, dans nos régions, le wallon est en concurrence avec le français parlé. Il y a donc bilinguisme. Le problème serait de savoir depuis quand le français, langue écrite, est devenue aussi langue parlée en lieu et place du dialecte, langue parlée traditionnelle.
Nos ancêtres wallons ont adopté le français comme langue écrite, comme langue de culture parce que ce moyen d'expression n'était pas tellement éloigné de l'idiome local, n'était pas senti comme quelque chose d'étranger, d'extérieur ; et parce que le français était déjà une langue de communication , une " parlure " la plus commune à toutes gens ; Mais en même temps , les populations wallonnes ont fait du wallon l'instrument et le symbole de leur originalité face au français.
Tout au long du 17° siècle, les observateurs étrangers, de passage en pays wallon, notent le " baragouin ", l'aspect corrompu du langage parlé par " ceux de chez nous ". Il s'agit des différences entre le français et le français régional ou dialectal . Ainsi, on signale en 1875 qu'on le français et le liégeois.
A la fin de l'ancien régime, le bilinguisme est bien réel. On utilise le dialecte wallon pour le quotidien, on le parle dans les meilleures maisons liégeoises. Le français n'est utilisé que dans les relations officielles ou internationales. Mais, s'il est parlé il ne ressemble que très imparfaitement au français central.

Au 19° siècle
En 1789, Révolution française. Suite à cela, le français est institué comme langue nationale et, sous l'argument nationaliste, on en vient à combattre tout ce qui n'est pas français. La révolution s'intéresse aux patois pour les détruire et, par là, uniformiser le langage nationale . Ainsi le wallon, comme les autres dialectes, est pourchassé, considéré comme contraire aux intérêts du moment.
Au début du 19° siècle, suite à la chute de l' Empire, suite au Romantisme, on s'intéresse aux patois avec bienveillance et sympathie afin de recueillir les précieux témoins des ancêtres. On cultive les patois pour retrouver le bon vieux temps et renouer avec autrefois.
Dans la Belgique de 1830, le peuple wallon , heureux de pratiquer le français, s'est tourné vers ses patois comme vers un héritage précieux. Sans la langue française cependant, les habitants de la Belgique romane auraient succombé à l'action des particularisme locaux.
La région liégeoise est depuis longtemps une région privilégiée sur le plan dialectale. L'originalité de ses patois du nord-est, le particularisme principautaire , le rôle moteur joué par une grande métropole, sont les facteurs qui ont contribué à la fondation de la Société Liégeoise de Littérature Wallonne en 1856. Ceci va engendrer un regain d'énergie pour " défendre " le wallon. paradoxalement, on verra un regain d'intérêt pour le dialecte et une francisation plus accentuée.
Parallèlement, le wallon sera d'autant plus écrit qu'il sera traqué par le langage orale.
Petit à petit , le français s'installe dans l'usage oral ; ceci se généralise dès la fin du 19° siècle et s'accentue nettement au 20°.

Au 20° siècle
Plus sûrement qu'une agression venant d'un peuple voisin, le changement de vie au 20° siècle amène le peuple à abandonner son wallon, et , si cela avait continué, son français au bénéfice d'un anglais américanisé comme il en est déjà trop souvent dans d'autres domaines.
En 1914, l'instruction devient obligatoire. Ce fait contribue à évincer définitivement la langue wallonne de l'usage commun. Mais il n'y pas eu résistance quand le'instruction est devenue obligatoire et que le français a été répandu dans les classes qui l'ignoraient encore. Beaucoup on vu là une promotion, le moyen de participer au pouvoir, pour la bourgeoisie.
Après les deux guerres mondiales, on a assisté à des phénomènes bien connus : européanisation, progrès sociaux, migrations humaines, uniformisation des usages, service milotaire obligatoire, urbanisation, mass média. Tout cela sert la langue française, langue universelle.
On imagine mal la vie actuelle où la majorité des gens ne connaîtraient que le parler de leur village.
Le wallon est réduit à l'état de dialecte par la force des choses. Le bilinguisme se pratique à l'inverse d'autrefois. On parle et on écrit en français et on comprend " aussi " le wallon. Le dialecte n'est plus la langue maternelle comme au siècle passé. Actuellement, on recherche la trace ou la présence du dialecte dans l'unilinguisme français généralisé.
Le bilinguisme passif est d'un taux élevé : 70% des wallons qui ne parle pas le dialecte le comprennent . Le bilinguisme actif se manifeste par l'emploi cululé de français et du wallo ? Le wallon est ainsi employé pour exprimer les choses de la vie familière car il est devenu une langue plus directe, plus expressive.
Aujourd'hui, la valeur historique , culturelle et esthétique du wallon est peu (trop peu) appréciée parce que les tendances de la société moderne vont à l'encontre du dialecte.
Il y a dépérissement de tous les dialectes et cependant montée des régionalismes et renouveau d'intérêt pour les dialectes : à l'église, dans la chanson, à l'école, à l'université…….
On doit aussi signaler que a protégé le wallon
Que signifient encore aujourd'hui dans la Wallonie la langue et la littérature dialectales ?…..
Une fierté et une jouissance pour tous ceux qui peuvent encore en goûter la truculente saveur
Mais le dialecte évolue grâce à l'apport de néologismes ; preuve de sa vitalité.SITUATION .
Les parlers locaux continuent à être employés sur d'assez vastes domaines et souvent dans toutes les circonstances de la vie. Ils se parle à la ville comme à la campagne, chez le bourgeois comme dans le peuple ; souvent même , ils s'écrivent.


Où utilise-t-on le dialecte ? Qui l'utilise ? Comment et pourquoi ?

Géographique.

( Où parle-t-on le wallon ?) Le mot " Wallonie " est apparu en 1844 pour désigner la moitié romane de la Belgique . Il provient de l'adjectif " wallon " qui désignait les habitants des provinces romanes des Pays-Bas au 19° siècle, et antérieurement (depuis le 15° siècle) les anciennes marches romanes allant de la Flandre française au Luxembourg.
Cet adjectif provient lui-même de " walha " terme employé par les Germains pour désigner les peuples celtisés puis romanisés.
De même que " la francophonie " ne correspond pas exactement à " la francité , la Wallonie ne correspond pas précisément à l'aire où est parler le wallon en tant que tel.
La Wallonie comporte quatre régions dialectales , a savoir ;
- région picarde à l'ouest ( Tournai, Ath, Mons, Soignies)
- région wallonne (de Charleroi à Liège , Malmedy , Neufchâteau )
- région lorraine au sud (Virton)
- région champenoise au sud-ouest (à louest de Bouillon).
Ceci est attesté par les enquêtes dialectologiques portant sur la phonétique, le lexique et la syntaxe.
Les limites entre ces régions sont lâches car il y a de nombreuses interférence entre les dialectes eux-mêmes.
L'aire du dialecte " picard " correspond à peu près au territoire de l'ancien diocèse de Cambrai et de Tournai.
L'aire du dialecte " wallon " correspond à peu près au territoire de l'ancien diocèse de Liège
(civitas Tungrorum)
L'aire du dialecte " lorrain " correspond à peu près au territoire de l'ancien diocèse de Trèves.
Ces anciens diocèses des 9° et 10° siècles correspondent eux-mêmes aux divisions des " civitates "
Romaines qui étaient elles-mêmes inspirées par les anciens " pagi " gaulois. Belle continuité géographique.
Quand à la région wallonne, elle est à son tour subdivisée en trois régions selon certains linguistes
A savoir : - ouest-wallon - centre-wallon - est-wallon. ou en cinq régions selon d 'autres
A savoir : - wallo-picard - carolos - namurois - liègeois - wallo-lorrain.Sociale : (qui parle le wallon)
Une distinction socio-linguistique présente un danger : celui d'être interprété en termes d'inégalité linguistique : le dialecte serait une forme de langage inférieur , une forme abâtardie de la langue ; Une autre forme courante d'infériorisation du dialecte est de le considérer comme grossier par rapport au français qui aurait le privilège de la politesse. De la dépréciation du dialecte, on passe au mépris desgens qui le parlent , à une dévalorisation sur le plan humain . Et plus insidieusement, on dévalorise le dialecte en l'englobant dans le " folklore " au même titre que la cuisson du pain au feu de bois ou la collection de vieux bibelots.
La campagne est le vrai refuge du wallon. Le wallon rural, traditionnel, assez fermé, reste vivace.
La population rurale principalement agricole, parle volontiers, fréquemment, traditionnellement wallon. Le wallon urbain, quand à lui, peut se diviser en deux classes, à savoir : le wallon " populaire " parlé par les commerçants, les artisans, les petits métiers et la wallon " ouvrier " parlé par les travailleurs des usines et des chantiers. Chacun de ces wallons possède son vocabulaire et ses tournures. On a aussi tendance parler wallon pour le travail, pour les jeux, pour " faire local "
Il faut souligner le rôle humain du dialecte favorisant le contact simple et chaleureux..
Linguistique : (Comment et pourquoi parle-t-on wallon ?)
En Wallonnie, il y a dualité, complémentarité entre les deux langages. Il existe un réel bilinguisme.
Si le wallon étais jadis la seule langue maternelle, il est aujourd'hui devenu langue vernaculaire face au français, langue véhiculaire. Il y a une situation de bilinguisme franco-dialectal fondé sur l'usage de deux codes linguistiques différents dans la forme et dans la structure, mais tous deux de même souche latine.
Le Wallon , langue populaire,est aussi une langue complète et vivante. Certains disentqque le dilecte est une mini-langue ou une langue qui n'a pas eu de chance. Le wallon n'est un français déformé ni un argot (un argot ne posséde en propre qu'un lexique ) ; Le dialecte wallo a son lexique, sa phonérique, sa grammaire et ses idiomes. C'est une " langue dialectale ".
Il y a ingratitude aussi bien lorsqu'on méprise le wallon que lorsqu'on refuse le français : ingatitude et aveuglement car, nous avons besoin du français qui seul peut donner à la Wallonie sa cohésion ? Le wallon est le parler de nos intimités tandis que le français constitue le moyen de participer à une grande civilisation. La Wallonie a donc le bénéfice d'une chance linguistique unique. Il est faux de prétendre que la régression des dialectes entraîne automatiquement une amélioration de la qualité du français. On pourrait aussi se poser la question de savoir si, le dialecte dispaessant définitivement, nous ne serions que des provinciaux de la France linguistique.
On retrouve la valeur linguistique du dialecte. Henri Estienne (1531 - 1598) l'avait déjà d'ailleurs signalé en son temps en disant " Il est certain que le paler des Picard, en comprenant aussi les Wallons, serait un dialecte qui pourrait beaucoup enrichir notre langage françoys ". On est persuadé aujourd'hui de la complémentarité du français et du dialecte. Si le français est le langage appris, le wallon est la langue du terroir, notre expression naturelle. On est certain que la connaissance du wallon peut aider à améliorer la qualité du français. En effet, de même que le wallon a tendance à se franciser, le français est fortement wallonisant .Il s'agit de redécouvrir la valeur linguistique des deux langues. Le jour où nous aurons perdu nos dialectes nous aurons perdu notre originalité. C'est pourquoi il faut défendre cet idiome naturel car il est bon que la Wallonie se retrouve elle-même et qu'elle soit consciente de la possession d'une langue.

CARACTERE
Oralité.
Le wallon est une langue parlée, d'abord parlée, essentiellement parlée . De là lui vient sa spontanéité et son expressivité. Le wallon est fait pour être dit et écouté ; Il va de la bouche a l'oreille. Il se lit et s'écrit accessoirement.
Diversité.
Le wallon se ramène à des unités locales qui peuvent se regrouper en entités régionales , elles - mêmes faisant partie de plus grands ensembles dialectaux ; Il n'y a pas de véritable unité phonétique, syntaxique ou morphologique comme c'est le cas pour une langue nationale. Cependant, chaque parler est complet en lui même ainsi, il existe une prononciation, un vocabulaire, une grammaire pour le dialecte liégeois par exemple.
Mais cette diversité n'empêche pas l'unité, au contraire. Les variétés dialectales n'empêche pas la compréhension mutuelle car il y a des ressemblances grammaticales, lexicales ou phonétiques et une unité syntaxique ( pronom antéposé, adjectif antéposé, relatif )
Le mot " chasseur " laisse apparaître les trois grandes régions linguistiques générales de la Wallonie.
La région du dialecte liégeois proprement dit est elle-même subdivisée en cinq sous-régions où les parler diffèrent quelque peu. Et pour peu qu' on connaisse le wallon de son " fief " on distinguera encore des nuances entre villages. C'est ce qui fait dire communément par plus d'un : " chez nous, on dit………. J'ai toujours entendu……….
La diversité du dialecte se manifeste encore par les quelque différences ou tolérances au sein de la langue elle même ; Ceci prouve que le dialecte n'a pas été entièrement codifié, chacun s'exprimant où écrivant à sa manière.
Faudrait-il normaliser plus que ne l'on fait Jules FELLER ou Jean HAUS ? Faudrait-il trouver normal que le dialecte ne soit pas normalisé ?
Spécificité
Puisque le wallon a servi aux besoins matériels, utilitaires, il sera utilisé dans le domaine du concret. Il sera riche de mots concrets et pauvre en mots abstraits. Son vocabulaire et sa littérature seront concrets. Le wallon s'est développé dans son registre propre : celui du quotidien, de la vie affective . Il est donc spontané et exprime notre sensibilité. C'est une langue d'expression de style, non d'idées.
Le wallon reflète " le tour d'esprit des gens de chez nous, optimiste et bon enfant, positif et sentencieux, narquois et frondeur , sarcastique et nullement bégueule ( Jean Haust ). " Notre walon " est gaulois dans la moelle, il est sain et rude comme un beau gars grandi en pleine campagne. Dans sa simplicité ; il appelle un chat un chat, et si parfois comme son ancêtre latin, il brave l'honnêteté, il n'y voit pas malice " (Jean Haust )
Le dialecte fait partie intégrante de notre patrimoine culturel. Il est le signe , l'affirmation de notre identité. La wallon est notre bien propre, témoin irrécusable de nos origines, le moyen d'exprimer dans toutes ses nuances notre manière de voir et de sentir. Il est ce que nous sommes.

FIN