Une nouvelle terrasse au coeur de Liège



Encore une nouveauté chez ROBERT LESENNE

Le nom de ce grand cuisinier fait partie Intégrante des caractéristiques inaltérables de la Cité Ardente. De surcroît, tous ceux qui aiment cette ville essentielle au contexte européen, vous diront qu'il suffit de regarder vivre ce que Michelet appelait la "petite France de Meuse", pour se persuader qu'il y a une âme dans la géographie. Un écrivain français bien oublié, Lucie Delarue-Mardrus, fit mieux en écrivant avec raison que la cité de Grétry était "la capitale étrange des nuances'


Il manquait au prestigieux restaurant, portant le nom de Robert LESENNE, une terrasse pour les beaux jours. C'est à présent chose faite.

Son implantation vient d'avoir lieu dans le centre historique de la Cité Ardente, à l'arrière de la vénérable Halle aux Viandes. D'une agréable superficie, cette terrasse peut accueillir 50 convives. Ils apprécieront les superbes parasols - noir et acajou - de chez Flamant décoration, en parfaite harmonie avec les tables en teck foncé et les chaises en osier. Faisant face au restaurant, cet espace s'avère aussi coquet que riant, grâce à une multitude de fleurs multicolores. 

Un peu d'histoire...

Robert Lesenne a installé le centre de ses activités gastronomiques au sein d'un quartier historique miraculeusement préservé. Lorsque l'on traverse la rue du Pont pour poursuivre par la rue de la Boucherie, l'on est d'abord émerveillé par un groupe de maisons du XVIlème siècle de colombages en encorbellement. Ce mode de construction était alors choisi pour son coût moins élevé.

A côté du restaurant, l'on ne manquera pas de jeter un oeil sur la plaque commémorative apposée sur la façade du numéro 7. Elle rappelle la naissance en ses murs du peintre Léonard Defrance (1735-1805), un des maîtres de l'Ecole liégeoise.
La Halle aux Viandes, actuellement en rénovation, fut presque entièrement érigée en calcaire. Il s'agit d'une des plus anciennes constructions de la Cité. Elle deviendra sous peu un établissement à vocation culturelle et d'animations diverses. Nous serions fort étonnés, si Robert Lesenne ne devait pas y jouer un rôle important.
Quant à la maison qu'il occupe, sa vocation de jadis était celle d'un hospice de la Mère-Dieu, dit également "Hôpital Mostard", fondé en 1336 par Jehan de Velroux dit Mostard. La mémoire populaire n'en a gardé aucun souvenir. L'étude des hôpitaux d'origine médiévale reste indispensable et intéressante. Elle apporte des informations précieuses sur l'évolution de notre société. Dans le cas de l'hôpital Mostard, ces recherches ont de plus permis de redécouvrir un ensemble de bâtiments importants. Deux entrées donnaient accès à l'hospice : la première, rue du Pont, était une allée couverte et pavée (aujourd'hui bâtie) conduisant à la chapelle, et la seconde, située rue de la Boucherie, entre les maisons du "Lion bleu" et du "Boeuf rouge", donnait accès direct à l'hospice. Il s'agit de l'entrée actuelle du restaurant. 


Ces détails étant connus et bien assimilés, on ne peut s'empêcher de penser à la vocation identique des Hospices de Beaune. Si l'on songe à cet ancien hôpital devenu un restaurant réputé, le moins que l'on puisse dire est qu'on y est toujours bien soigné. 

Le décor : un architecte contemporain particulièrement avisé a su tirer parti d'un enchevêtrement de salles aux dimensions diverses. Après avoir emprunté un long couloir où semble planer un mystère séculaire, l'on est agréablement surpris en découvrant un petit bar circulaire derrière lequel part un escalier à l'âge vénérable. Quatre cents ans, c'est un bel âge même pour un escalier. A droite, une salle, plus particulièrement dévolue aux banquets, dégage un charme suranné que l'on retrouvera tout au long d'un parcours constamment passionnant et révélateur. A l'intérieur d'une sorte de patio, l'on devine très aisément les traces évidentes des façades anciennes typiques de l'architecture liégeoise. La salle à manger de belles dimensions, lumineuse en dépit d'un éclairage discret, dégage cette impression de sérénité lorsque, d'avance l'on ressent que le repas ne pourra être qu'excellent et de qualité.

Philippe Libon et Robert Lesenne

La cuisine : Vif comme l'écureuil dont il a le regard mobile, Robert est aussi un homme à idées pour lequel la communication n'a pas de secret. On ne compte plus dans notre Landerneau gastronomique, ses initiatives que certains ont repris à leur usage. Depuis feu Abel Bernard, le créateur de "La Cravache d'Or", il est incontestablement le chef le plus plagié du Royaume. Inventeur du "menu à la carte", cette formule a été reprise, non seulement en Wallonie et à Bruxelles, mais encore pas quelques confrères flamands séduits par cette nouveauté. L'ensemble des plats sont imbriqués dans le menu à 37.50 euros (sélection des vins "découverte" servis à discrétion 22.50 euros . Il vous suffît d'élaborer votre repas en pointant vos désirs dans les entrées froides ou chaudes, les plats de poissons, viandes et volailles, ou les plats préférés des forts des Halles. Les desserts, de surcroît, sont tous cuisinés à la minute et doivent être commandés au début du repas.

Pour le lunch servi uniquement au déjeuner est de 32 euros.
Le nombre de couverts pour un banquet est de 80 personnes.

Dans ce survol d'une démarche intéressante, nous ferions preuve d'une distraction impardonnable en ne soulignant pas le rôle important que joue l'épouse de Robert Lesenne, Donatienne, attentive au moindre détail de la gestion des différentes maisons dont ils assument la responsabilité. Quant à Mr Herman, maître d'hôtel avisé, il fait partie intégrante de l'univers Lesenne depuis des décennies. 

Robert LESENNE
9 rue de la Boucherie - 4000 LIÈGE
Tél: 04.222.07.93 - Fax: 04.222.92.33

Fermé le samedi midi, dimanche et du 29 juillet au 12 août
Possibilité de banquet pour 30 personnes
Salle climatisée - Partie réservée aux non-fumeurs
Accessible aux moins valides - Chiens admis - Terrasse

 

 

MENU
"Retour aux sources"


A l'apéritif, Champagne Demoiselle de Vranken en magnum et boudin Liégeois de chez Monsieur Lontin rôti sur des cocos blancs

 


Filet de patta negra "Joselito", asperges de Mui-cia et fromage Ibérico

 


Lotte rôtie sur une fondue de fenouil, tomate et basilic

 


Paleron de veau en cocotte, champignons en mélange et craquant de pommes de terre

 


Soufflé glacé, crème glacée au lait d'amandes et framboises tièdies

Dans vos verres:
Saint Aubin Premier Cru 1999
Château La Tour de By, Médoc 1998 en magnum

 


Photos & reportage : Jean Marie Lesage juillet 2002 Obtenir une photo originale
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