Presse
Jean-Marie Lesage , un artiste peintre caricaturiste

lesage jean-marie mail à Jean Marie Lesage
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PRESSE: 15 novembre 1988
Jean Marie Lesage: Le Père Noël est une dorure
Dambly


Peintre sans chevalet, les pinceaux en bataille, Jean-Marie Lesage, graphiste publicitaire houffalois, a un mois pour donner à la Belgique un air de fête goguenarde. D'Arlon à Ostende, de Mons à Verviers, il vit chaque année du 25 novembre au 24 décembre sa «Guerre des 30 jours». Une lutte implacable menée contre le temps, celui qu'il fait aussi bien que celui qui passe. En moyenne, dix mille kilomètres en passant d'une ville à l'autre. Dure épreuve pour les pneus de sa voiture mais aussi pour ses propres semelles.

Jean-Marie Lesage n'est pas un décorateur ordinaire. Ainsi, quand il attaque l'illustration des vitrines d'une rue comme le Pont d'Avroy à Liège où pas un établissement ne lui échappe, les badauds intrigués se demandent s'ils n'ont pas affaire à un doux dingue. 

Un pot de peinture dans une main, un seul un pinceau dans l'autre et c'est parti d'un bout à l'autre de la rue pour le périple jaune, ou rose, ou bleu. Ici c'est un trait, là un rond, plus loin c'est indéfinissable. En fait, bien malin qui pourrait dire où il veut en venir. 
Et puis de périple en périple, de couleur en couleur, les dessins prennent forme, les contours se précisent, les décors s'établissent. Le travail achevé, on est stupéfait de constater que chaque vitrine a son gag propre et que le Père Noël mis en situation ressemble étrangement au patron du bistrot concerné. 
Quand on fait le compte en fin de parcours, chaque vitrine n'a pas pris plus de dix minutes, parfois moins.

Une telle efficacité n'est possible que dans une parfaite organisation du travail. 

Avant celui-ci proprement dit, il y a le carnet de réservation, un premier tour des établissements, une prise de contact, l'évaluation du travail et, mentalement déjà un premier croquis.

Souvent, Jean-Marie Lesage est «réservé» d'une année à l'autre car, plus que lui-même, ses clients se méfient des imitateurs. Et puis on a ses habitudes et avec lui on sait que, pour quelques centaines de francs, la bonne humeur s'affichera en vitrine comme une carte de visite de la maison. Après tout, ça fait près de trente ans qu'il institua ce type de décoration de fête et là aussi, l'expérience, ça compte... 

A le voir oeuvrer dans les rues, revêtu d'une salopette crasseuse et coiffé d'un bonnet rouge, il fait très «étudiant attardé».  Mais ça, c'est son visage pendant un mois de l'année... les onze autres mois, son contact n'est pas triste non plus.  Pourquoi voudriez-vous que la création publicitaire élaborée au départ de son agence à Houffalize le conduise à la morosité? 

Quand une pub fait sourire, le produit est déjà aux trois quarts vendu. 

Dambly


Voir : Article paru dans Summum 1988